6 conseils pour survivre au congé maternité

Et oui, j’emploie le terme « survivre » et le terme « congé » dans la même phrase ! Si tu n’as jamais vécu de congé maternité, tu dois te dire que j’exagère un peu… si tu as déjà été en congé mat… TMTC.
Parce que déjà, laissez moi rire avec ce terme de « congé mat ». Mais quelle arnaque du lobby des pro-bébés ! (si si ça existe, ce sont les gens qui veulent que tu fasses des bébés et encore des bébés pour perpétuer l’espèce humaine. Et les valeurs du monde libre. Mais ça c’est un autre débat)
Ok congé signifie seulement « s’en aller », mais admettez que dans le langage courant, quand on pense congé, on pense à une sieste sur une plage ou sous un plaid devant Netflix. D’ailleurs, quand on est malade, on ne prend pas un « congé ». On est en arrêt. Un « arrêt maladie ». Bon. Et bien moi je trouve qu’on devrait dire « en arrêt maternité ». Parce que sur une échelle allant de la sieste à la plage aux 40 de fièvre au fond de ton lit, et bien la « maternité » se rapproche davantage de l’arrêt maladie.
Bref. Ce n’est pas de sémantique que je voulais parler.

Après avoir passé 6 mois plus longs et difficiles que 30 années de vie, je voulais partager avec toi quelques conseils, pour survivre au congé maternité. (Et non pas pour « profiter de ton congé maternité » : sérieux, les mamans qui me disent « hihi haha (oui elles gloussent ces mamans là) c’est tellement merveilleux les premiers mois avec bébé… hihi on fait des caaaliiiiins et c’est trop mignon… hihi profiiiiiiite ça passe tellement vite » ces mamans là, j’ai envie de les massacrer. )

Prends soin de ton corps

Ton corps a pris plus ou moins cher au cours des dernières semaines. Laisse lui le temps de se remettre.
Alors tu n’as pas forcément la possibilité de le faire dormir 10h, mais chouchoute-le dans la mesure du possible. Du repos, des étirements, de la bonne nourriture (à la fois bonne pour la santé, mais pourquoi pas aussi bonne pour ta santé mentale : fais toi plaisir). Un massage, un soin chez le coiffeur… ok ça demande du temps que tu n’as probablement pas, mais essaie de voir si tu peux le trouver quand même. Essaie de dormir dès que tu peux (moi par exemple je ne POUVAIS PAS. Mais je suis sure que c’est bien quand on peut).
Et puis ton corps, aime-le. Admire-le. Oui ton ventre est encore gonflé et tes cuisses joliment ornées de cellulite. Mais tu peux ENFIN à nouveau dormir sur le ventre. Et tu peux à nouveau ramasser le tube du dentifrice qui a roulé sous le meuble. Il est bien ton corps. Il est fort. Il est presque un peu magique.

Accorde toi 1 moment pour toi chaque jour

Figure-toi que la controle-freak que je suis a même décidé de tracker ce moment chaque jour. (une petite croix dans mon bujo)
Astreints-toi à trouver le temps pour une chose par jour que tu feras pour toi. Tous. Les. Jours. Parfois ça sera une sieste d’une heure. Parfois ça sera juste t’enfermer dans une pièce 3 minutes le temps d’écouter une chanson que tu aimes. Ou mettre du vernis. Boire un thé. Aller chez le coiffeur. Prendre ta douche NORMALEMENT (= seule dans la salle de bain et en plus de 40 secondes) Mais il faut que tu le fasses tous les jours.
Déjà ça va booster ta créativité de chercher ce que tu peux faire pour toi, et puis ça va te permettre d’éviter de te défenestrer…. Savoir que tu auras un petit moment pour toi aujourd’hui, pour souffler.

Sors dehors

Tu as passé 3 jours de maternité enfermée, parfois même sans sortir du tout de ta chambre d’hôpital, ce qui a été mon cas… je n’avais même pas pensé que je pouvais franchir la porte de ce petit monde clos, il faut donc absolument que tu te souviennes ce que ça fait d’avoir du vent sur ton visage. (Car l’enfermement ne serait-il pas par hasard une punition ? Voir une technique de torture ? C’est bien pour une raison…car ça rend fou)
Il se trouve que quelques jours (semaines ?) après être rentrée, mon mari m’a dit une aprem « bébé dort, va dehors. Va faire un tour ». Je suis sortie. Seule. SEULE. Bon, en maman flippée je suis restée dans un périmètre de 250m autour de la maison. Avec mon portable à la main. Et seulement 20 minutes. Mais marcher seule dehors pendant 20 min (au soleil en plus) c’était merveilleux. J’ai réalisé que j’étouffais. Et le fait de prendre un peu d’air frais a rechargé mes batteries aussi efficacement qu’une bonne nuit de sommeil (non c’est pas vrai, mais presque). Il faut sortir, prendre l’air. Sinon on pète un câble.

Parle, pleure, exprime

« hihihi tu vas voir quand on te le pose sur le ventre c’est le plus beau jour de ta vie hihihi » (vous reconnaissez la maman insupportable ?)
Hey quoi, tu n’as pas pleuré de joie à la naissance ? Tu reviens chez toi et tu regardes cette petite chose avec détachement ? Mais à qui est ce bébé ? Quelques jours après, et quelques nuits blanches après, tu entends comme une petite voix au fond de ton cerveau épuisé qui dit « hey meuf, t’aurais pas fait une connerie en faisant un gamin ? » Tu es submergée d’émotions et de larmes car en fait tu réalises que TU N ‘ARRIVES PAS DU TOUT ? SACHE QUE C’EST NORMAL. (Enfin j’en sais rien mais sache que moi aussi je l’ai ressenti. Si ce n’est pas normal, dis toi au moins qu’on est 2 dans ce cas)
Au plus bas du fond du trou le plus profond de mon « congé » maternité, on m’a dit 2 choses que je juge tellement réconfortantes :
Tout d’abord, sache qu’au début il ne faut pas chercher à être une bonne mère. Les premières semaines, ton seul objectif, c’est de vous garder tous les deux en vie. Si ton enfant et toi êtes vivants à la fin du premier mois, alors tu as REUSSI.
Deuxièmement, aimer son enfant, c’est comme aimer n’importe quel autre être humain : il y a certes des gens qui ont des coups de foudre (comme la maman qui glousse) et d’autres pour qui ça prend du temps. Il faut apprendre à le connaitre. Ma soeur, à l’origine de ces deux merveilleuses révélations, m’a dit « je dirais qu’il faut 1 an pour aimer son enfant ». Voilà qui change du « plus beau jour de ta vie » sur une table d’accouchement pleine de douleurs et de sang et de larmes. En fait, on est plutôt large sur le timing ?
Moi je peux te dire que quand on me l’a posé sur le ventre ce n’était pas le plus beau jour de ma vie. Et je peux te dire aussi qu’aujoud’hui, 6 mois après, je l’aime. Voilà. Ce qu’il y a eu entre ces deux moments, c’est beaucoup d’émotions et de sentiments différents.
Mais ce que je voulais vraiment te dire, c’est qu’il faut parler. Il faut que tu verbalises ce que tu ressens. Ce que tu ressens n’est ni grave, ni mal, ni irréversible. Cependant il faut que tu le partages, que tu l’exprimes. Sinon ça va encore plus te bouffer.

Informe toi parcimonieusement

(pas facile de caser le mot parcimonie).
S’informer est essentiel. Mais c’est aussi difficile et risqué. Essentiel car savoir te permet de te préparer, de comprendre et de mieux gérer. Savoir comment l’allaitement se met en place (la montée de lait, les 14 tétées quotidiennes, les « tétées frénétiques » propres au soir, les seins « mous » qui en fait produisent assez de lait), savoir comment fonctionne le cerveau de bébé (les émotions, les cycles de sommeil de 45min), tout cela est bon à savoir. Mais trop d’informations tue l’information. Et j’en parle en connaissance de cause : j’en ai passé des heures sur les forum, ces millions de messages, certains vieux de 15 ans maintenants, ces milliers de mères inquiètes qui partagent leur désarroi et reçoivent toute sorte de conseils et de fausses infos. On en vient à faire n’importe quoi. Je ne te conseillerai pas de « t’écouter car au fond de toi tu sais ce qui est bon…hihihi » parce que moi je suis incapable de savoir ce qui est bon au fond de moi. Je te dirai juste de choisir une source d’info que tu juges bonne et de t’en tenir à elle (finalement, on a chacun notre notion de « bonne source d’info »).
J’aurais tendance à te recommander ce que je t’ai déjà recommandé dans un autre article : Le forum de la leche League, la chaine Youtube APASDEMOI (et le compte insta lié), le podcast Le Nid, les ouvrages de Catherine Gueguen et ceux de Tracy Hogg. Peut être Dormir sans Larmes de Josa Rové ? Mais c’est mon opinion.

Reprends le contrôle

On t’avait dit de lacher prise ? (je hais ce terme. Je te prépare un petit article dessus d’ailleurs) Ok mais c’est pas si facile. Et puis tu n’y arrives pas forcément.
Moi j’ai trouvé que ma vie s’était un peu améliorée quand, au contraire, j’ai repris le contrôle. Alors entendons nous, il y a 17 833 choses que tu ne peux pas contrôler : de type le SOMMEIL de bébé. Et ça te rend dingue (moi ça me rend dingue en tout cas)
Tu n’as donc certainement pas le pouvoir sur tout, d’autant plus que tu es submergée par tes émotions… (j’aime pas mon bébé, j’aime trop mon bébé, je regrette, j’en veux un 2°, je suis grosse, je suis fatiguée, je suis seule, je suis nulle, c’est trop dur, je suis si heureuse…) Mais tu ne peux pas être passive. Sinon tu risques tout simplement de disparaitre. De te dissoudre. Quand je dis passive j’entends que tu ne peux pas juste subir. J’ai eu l’impression de retrouver un peu de sens à la vie quand j’ai commencé à mettre en place une routine (sur les conseils de ma MAMAN ❤ ) Une routine simple, pas un agenda militaire. Juste 1, 2 ou 3 activités quotidiennes que je m’astreindrai à faire. (en plus il parait que ça serait bon pour bébé).
La mienne était simple : tous les matins je ferai une promenade. Et je donnerai systématiquement le bain vers 18h. Et le soir la dernière tétée se ferait dans la chambre, dans le noir.
Voilà, rien de fou. Mais juste une impression de contrôle sur la journée, sur le temps. Psychologiquement, ça aide. Ça fait un objectif. Au fur et à mesure que le temps passe, on peut ajouter des actions. Et ainsi la journée est un peu moins longue, elle ressemble un peu moins à « babysitting qui ne finirait jamais et pour lequel tu n’es pas payée »(expression de mon autre soeur…. héhé)

Et toi, quels seraient tes conseils pour surmonter cette période de VACANCES ?

2 réflexions sur “6 conseils pour survivre au congé maternité

  1. Chocolivia dit :

    J’adore le contrôle, j’adore les horaires. C’est ce qui a été le plus difficile au début, oublier l’heure oublier les habitudes. Et comme toi j’aime avoir mes rituels, ces points de contrôle quotidien. Et je pense également que le cadre est rassurant pour l’enfant.

    Sinon pour survivre j’aimerai dire que je prenais chaque jour le temps d’une douche, mais en y repensant c’est faux, j’y arrivais pas. J’ai listé mes priorités : bébé propre, bébé qui ne pleure pas et maison rangée. Le reste tant pis. Frigo vide, malbouffe pendant des semaines : pas mon problème. La lessive qui s’entasse, tant pis. Et il faut demander de l’aide ! Les proches ne devinent pas. Quand ma mère venait je lui demandais d’étendre le linge, ou de nettoyer ma salle de bain. J’ai demandé à ma belle-mère de me préparer des plats surgelés, une copine a fait du shopping bébé pour moi. Faut oser, on ne risque que d’entendre « non », et ce sera pas si grave.

    Aimé par 1 personne

  2. janusdot57 dit :

    Bonsoir.
    Un congé..maternité..ça se gère..
    Vous dites..
    Mais quelle arnaque du lobby des pro-bébés ! (si si ça existe, ce sont les gens qui veulent que tu fasses des bébés et encore des bébés pour perpétuer l’espèce humaine. Et les valeurs du monde libre. Mais ça c’est un autre débat).
    Ce n’est pas faux.
    Je m’explique:
    Nous sommes loin des soit-disant trente glorieuses, ou encore de l’époque de mes grands-parents tout comme parents..
    Il y a plus de 50 ans, la norme (si on peut appeler cela ainsi..) était des familles de 11-13 enfants, et j’ai connu cela dans mon village natal, alors que j’étais encore petit garçon.
    Cette situation d’après-guerre, et après la seconde guerre mondiale, pour relancer l’économie et relancer le taux de natalité pour remplacer tous ceux disparus et morts depuis la première guerre mondiale de 1914-1918 et Grande Guerre, comme seconde guerre mondiale de 1939-1945, a quelque peu perduré jusqu’à la fin des années 60, mais plus après. En effet, pour mes parents (nous n’étions que deux..mon frère aîné et moi-même..), le cas était déjà bien différent, alors qu’il existait pourtant encore beaucoup de familles avec 6-7 enfants, et sinon 5-6.. D’ailleurs du côté de mes beaux-parents, ils étaient cinq enfants, avec mon épouse l’aînée..
    Lorsque nous nous sommes mariés, il y a 45 ans de cela et mis en ménage, notre souhait et en guise de voeux pieux a été d’essayer d’avoir au moins..3 enfants, en comparaison de mes parents (vu que nous n’étions que deux, mon frère et moi-même..), et par rapport à mes beaux-parents, et ou je trouvais cette famille avec cinq enfants fort attrayante et joyeuse..épanouie. Voilà pour ces quelques explicatifs.
    Par contre, de nos jours, et, au regard de la situation désastreuse et catastrophique de la France sur le plan économique et social, cela ne tente pas beaucoup de couples, mariés ou non, d’avoir trois enfants, voir plus. Donc, pour faire cours, avoir un seul enfant (sans être égoïste..), c’est déjà pas mal(sans vouloir prendre le modèle de la Chine avant ou du Japon..), en avoir deux..c’est déjà prendre des risques.. De plus, sans être pessimiste (je ne le suis pas..), pour quel avenir ?..
    Notre dernière fille qui travaille (du moins travaillait jusqu’à ce que..) a eu une fille, le 15 août dernier, et donc, elle est en congé de maternité, et ce, jusqu’au 15 février 2020 inclus. Elle habite sous notre toit, fort heureusement (tout comme notre fils, le troisième, et qui pourtant travaille..), et nous sommes toujours là pour eux, pour les aider, les accompagner, et faire du mieux que l’on peut, sans se plaindre (mais, nous ne sommes pas la Banque de France..Mr. Macron..que je sache..). Son compagnon et futur mari et époux, quand à lui travaille également, sans soucis, mais avec une vie professionnelle trépidante et fort prenante en tant que commercial ; aussi, la suite viendra, sans se presser, ni être pressé.. Le plus important, pour notre fille, comme pour beaucoup de jeunes mamans et filles mères seules, est d’être bien entourée, et avec un entourage et cadre de vie louable et pas..pollué, par un tas de choses, comme les réseaux sociaux, toujours plus envahissants et invasifs quels qu’ils soient, sans avoir besoin de les citer (les trois-quart sont des « défouloirs » et sinon des murs de haine et lieux de harcèlement pour d’autres.. Le mieux est donc bien de pouvoir gérer librement son congé de maternité et forme de temps libres (pour ceux qui existent..), en dehors des cycles d’allaitement, de soins au bébé, comme visites chez le médecin et/ou pédiatre, ou encore à l’hôpital du lieu de maternité lorsque tel est le cas.. Une maman, même jeune mère a largement de quoi faire et s’occuper, sans devoir penser que le congé maternité c’est du temps libre pour passer du bon temps, loin de là !.. Voilà pour tous mes explicatifs au regard de cela, sans vous critiquer, loin de là, tels ne sont pas mes propos.
    Bonne fin de soirée à vous, respectueusement..Denis.

    P.S.: j’ai 66 ans, jeune retraité, et je suis toujours aussi jeune dans l’esprit comme sur le plan physique et sportif, et pas un vieux ringard.

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