Ce que j’aurais aimé savoir avant d’être maman

Je ne dirais pas que j’ai la « fibre maternelle ». Je ne suis pas GAGA devant le premier bébé que je croise. Et je n’ai jamais trop voulu câliner les bébés des autres. Cela étant dit, j’ai toujours affirmé que si j’avais été un sims, j’aurais eu l’aspiration « Famille ». Avoir des enfants, créer mon petit clan, ça a toujours été mon ambition. Du coup, quand les astres se sont alignés pour devenir mère, je me suis dit CHIC CHIC CHIC. Je n’avais aucune appréhension, aucune crainte : ça allait être super. Mon enfant serait parfait (forcément). J’allais tout donner, il ne ferait que dormir, rire et jouer avec moi.

Du coup, spoiler alerte : je me suis pris une violente claque dans la gueule.

Quand on tombe enceinte (cette expression m’a toujours fascinée. Genre « ha tiens, aujourd’hui je suis enceinte ? ça alors, quelle surprise ! » alors qu’en vrai tu as les yeux rivés sur le calendrier, et 237 tests de grossesse dans le tiroir. Mais passons) quand on « tombe enceinte » donc, on rentre dans un club ultra privé, et tous les projecteurs sont sur nous. On est suivie, accompagnée, encouragée, contrôlée : rappelons que le suivi de « base » inclue 3 échographies, qui s’accompagnent de 3 (mais souvent plus) rdv avec un gynéco ou sage femme. Puis les rdv de suivi à la maternité (anesthésistes, monitoring etc.) et les prises de sang chaque mois. A cela s’ajoutent les 7h de cours de préparation à l’accouchement…. tout ça c’est juste si on suit le parcours classique. Parce qu’on peut aussi s’accompagner d’une Doula, faire des cours d’haptonomie, des trucs et des machins en plus. Bref, la femme enceinte, on la prépare et on la surveille…. jusqu’à l’accouchement.
Et oui, car après…. et bah écoute, après, tu te débrouilles ma cocotte, CA VA HEIN, CA FAIT 150 MILLIONS D ANNEES QU ON FAIT DES BEBES TU VAS PAS ME DIRE QUE TOI TU NE SAIS PAS FAIRE !

Et pourtant…. Ces débuts, ces « premiers mois » (désolée je ne sais pas encore combien, mais disons au moins 6)… purée ils sont hardcore. Mon but ici n’est pas de vous dégoûter de faire des enfants. Car sachez que malgré tout ce que je vais écrire, je ne regrette pas. Jamais. Je le dis parce que je pense qu’on ne le dit pas assez. Et si « les ignorants sont bénis », je trouve que parfois c’est pas mal de savoir quel genre de claque on va se prendre

Ton enfant est un être différent de toi 

Bien que jusqu’à ses 4-5 mois il ne sait pas que tu es une autre personne (il ne sait pas où s’arrête son corps et où commence le tien en gros. Avouez que c’est perturbant pour lui), j’ai découvert à quel point lui était différent de moi. Je sais qu’il y a ce fameux concept de bébé rêvé / bébé réel qui fait que la maman a un « ptit coup de blues » après la naissance (lol) : moi je pensais que c’était juste que peut être il n’aimerait pas Friends, ou qu’il n’aurait pas les yeux bleu azur. Mais par exemple je pensais que puisque son papa et moi étions de gros dormeurs, il aimerait dormir. Qu’il aimerait le bain. Qu’il serait relax quoi. ET BAH NON. On l’a fabriqué, mais alors PAS DU TOUT à notre image. Et on ne peut pas le changer ni l’échanger. Il faut donc apprendre à vivre avec cette personne qui ne réagit pas toujours comme on voudrait. En fait c’est vraiment comme se mettre en couple avec quelqu’un ou bien partir en vacances avec un nouveau pote : il faut découvrir, construire, travailler cette nouvelle relation. 

Toute ta bonne volonté ne suffira pas toujours 

Je pensais qu’il suffirait d’être calme, aimante, douce, patiente, présente (ce qui est déjà beaucoup, admettez-le) pour que tout roule. Mais parfois ça ne suffit pas. Parfois rien n’est suffisant. Et souvent, on se retrouve débordée. Et quand je dis débordée, je veux pas dire « holala j’ai plein de choses à faire, aller, je me bouge ». Je veux dire submergée. Submergée d’émotions, de doutes, de questions, de fatigue, de regrets, de culpabilité... la situation nous échappe complètement. Et ce, pas juste le temps d’une crise de larmes ou d’une soirée : les jours passent et on se sent de plus en plus débordée sans savoir comment se rattraper.

L’allaitement à la demande 

« A la demande ». J’avais bien compris que ça voulait dire « à la demande de bébé ». Mais je n’avais pas anticipé qu’il demanderait AUTANT. JOUR ET NUIT. 12, 13, 14 tétées par 24h. Et la tétée n’est pas toujours un moment de calme et d’amour. Y a des ratés. Des rots. Des douleurs parfois. Des régurgitations. De l’énervement. 12, 13, 14 fois par jour. Pendant des jours. Et des semaines.
Mais ça passe. Là dessus je peux déjà vous dire, à J+170 que promis ça passe. Un jour il va moins demander. Ou bien un jour vous allez vaguement faire la différence entre « j’ai faim » et toutes les autres demandes (fatigue, ennui, besoin de câlin, de changer la couche, de simplement parler, etc)

La dépendance et la vulnérabilité de bébé est intense

Il ne sait rien faire, ne peut rien faire SANS TOI. Il n’est qu’émotions et réactions. Mais pas seulement pendant 1 semaine. Pendant des semaines et des mois : je n’avais pas pensé que ce serait aussi long. Que ce serait aussi « angoissant » pour moi : je ne peux pas oublier, être en retard, m’absenter car il faut que j’assure sa survie. Qu’il mange (dernière tétée à quelle heure ?), qu’il dorme (prochaine sieste dans combien de temps ?), qu’il soit propre… Mais aussi qu’il ne s’étouffe pas avec son doudou, qu’il ne se pince pas le doigt, qu’il ne glisse pas par terre….  
Les premiers jours / semaines sont donc très angoissants. Ensuite on prend un peu confiance, en voyant qu’on arrive à le maintenir en vie.  Et s’ensuit donc « simplement » cette fatigue nerveuse et mentale à penser en permanence pour 2.

Le congé maternité n’est pas une période de vacances ni de « repos »

C’est probablement le « congé » le plus épuisant de ta vie. J’ai fait une classe prépa, pendant 3 ans. j’ai couru des marathons, des trails, fait des rando sur des grosses montagnes pleines de cailloux. Des boulots stressants. Mais rien n’arrive à la cheville du congé maternité. Chacun a ses limites…. mais quelles qu’elles soient, elles vont tout simplement être pulvérisées au bout de 3h. 

Ultime conseil : Rester entouré !

J’ai trop souvent bêtement cru pouvoir ou voulu me débrouiller seule. Montrer que j’étais capable de gérer. Même quand le papa disait « tu veux de l’aide ? » (ne lançons pas le débat sur la charge mentale et cette fameuse question « tu as besoin d’aide? ») je répondais « non » parce que je ne voulais pas admettre que j’avais besoin d’aide. Puis un jour tu t’effondres en larmes au milieu de ton salon en espérant de toutes tes forces avoir l’occasion d’être hospitalisée (une appendicite ça serait cool non ?) juste pour qu’on te laisse dormir dans une chambre seule. Et ça, je crois que c’est pas très bon. 
Donc demandez de l’aide : au papa (en disant clairement ce que vous voulez. Pas « de l’aide » mais « je veux sortir me promener 30 min, GARDE LE »). A vos amis / famille : qu’ils vous apportent à manger par exemple (je me suis souvent couchée sans diner car entre manger et dormir le besoin de sommeil était trop fort…) ou simplement qu’ils soient là, pour vous écouter geindre. 
Parlez avec les autres mamans (n’hésitez pas à me contacter !) parce que c’est TELLEMENT bon d’entendre « oh moi aussi j’ai vécu ça » ou « je te comprends, moi c’est pareil ». 

Je vous encourage, notamment si vous allaitez, à vous promener sur le forum de la Leche League. Ces mamans sont ADORABLES, hyper réactives et attentives. 

N’oubliez pas que vous pouvez aussi faire appel à des pro : conseillères en lactation ou Doula. J’ai regretté de ne pas avoir consulté la première dans mes débuts d’allaitement. Et j’ai récemment sauté le pas de voir une Doula. C’est un petit coût financier (une cinquantaine d’euros), mais sachez qu’elles se déplacent à domicile, tous les jours de la semaine, et vous proposent de l’aide, des conseils, ou simplement de vous écouter. et ça fait un bien fou.

Côté littérature, je recommande les livres de Catherine Guéguin sur le développement du cerveau de l’enfant. Ça ne vous aidera pas à vous reposer, mais ça aide à comprendre comment fonctionne le cerveau d’un bébé (en gros il ne cherche pas à vous nuire. Il n’est juste pas fini, et essaie lui-même de gérer ses propres émotions). Ou celui de Tracy Hogg, les secrets d’une charmeuse de bébés : qui propose certes une méthode (qu’on valide ou non) mais qui est aussi très doux et déculpabilisant pour la maman.

Voilà, sur ce, je retour à mon petit poulet qui a la voix toute cassée suite à un rhume (attrapé après 35 min passées en crèche… uhhhh) 

Si vous avez des questions ou envie de pleurer ou de râler, n’hésitez pas en commentaires, ou sur instagram @ClaimeH

2 réflexions sur “Ce que j’aurais aimé savoir avant d’être maman

  1. Perrine dit :

    Tellement vrai !

    Mention spéciale pour le « Parlez avec les autres mamans parce que c’est TELLEMENT bon d’entendre « oh moi aussi j’ai vécu ça » ou « je te comprends, moi c’est pareil » ». La clé de la sérénité selon moi.

    Juste un petit bémol sur la Leche League…bien trop radicale à mon goût. Trop peu d’empathie pour celles qui ne veulent pas ou n’arrivent pas à allaiter. Je préfère de loin Solidarilait, une petite structure – bien que présente dans toute la France – dont les conseillères bénévoles ont été d’une douceur et d’une gentillesse sans pareilles lors de mes moments difficiles.

    Aimé par 1 personne

  2. claimeh dit :

    Pour la LLL, je parle du forum, donc pas forcément des conseillères … perso sur le forum j’ai trouvé les autres mamans très ouvertes (certaines ont même arrêté d’allaiter et continuent de venir, pour parler du développement de l’enfant et tout)
    je connaissais pas Solidarilait… 😉

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s