3 choses que la philosophie m’a appris

Comme vous le saviez peut-être, mon parcours de chômeuse-freelance a débuté par un incroyable voyage intellectuel dans le monde de la philosophie, et par l’apprentissage de la pensée et du fait de se sentir comme une merde non pensante. (D’ailleurs, avant la création de pôle emploi, j’aurais probablement rejoint la caste des « intellectuels / penseurs / Philosophes ». Aujourd’hui, on a un nouveau statut, « le demandeur d’emploi ». Mais soyons honnêtes, c’est la même chose. Socrate, Descartes et Rousseau étaient des freelance qui se seraient actualisés sur pôle-emploi.fr eux aussi hein.)

J’ai donc trempé un petit peu dans la pensée philosophique. J’ai lu des livres qui n’avaient pas d’images ni d’histoires, mais qui avaient beaucoup de pages et de mots inconnus chez M6. (« Les princes de l’amour, prolégomènes à une rencontre amoureuse », ça sonne pas hyper bien.)

Et j’ai bien aimé ça. Je dirais même plus, par certains aspects, ces gros livres ont même parfois changé un peu ma vie.

Voici donc, pour vous, pour moi, 3 choses que la philosophie m’a appris, et je lui dis merci ❤

Epictète m’a appris à ne pas me prendre la tête

J’en parlais dans une vidéo récemment : les stoïciens ont une petite recette du bonheur qui a changé ma vie.

Le stoïcisme t’explique qu’il y a des choses qui dépendent de toi (tes opinions, tes jugements, tes sentiments) et d’autres non (la richesse, le corps, le pouvoir, les autres). De ce fait, il ne sert à rien d’essayer d’agir sur les choses qui ne dépendent pas de toi. Parce que, puisqu’elles ne dépendent pas de toi, tu vas te fatiguer pour rien. Tu vas probablement être déçu / découragé et donc malheureux. Tu ne peux rien faire sur le fait d’être grand ou petit. Certaines personnes naissent avec beaucoup de cheveux très beaux, et d’autres avec 3 poils sur le caillou. Certaines personnes ont beaucoup d’argent, d’autres non. Mais dans la plupart des cas, tu n’y peux rien. Donc si tu focalises toute ton énergie dessus, tu vas très certainement te retrouver frustré et donc malheureux.

Par contre, ta manière de voir le monde, ta manière de réagir aux événements, ça, ça dépend de toi. Donc il faut se focaliser sur ces choses là, ces choses qu’on contrôle.

Par exemple, tu te fais larguer. Tu n’y peux rien. Tu ne peux pas forcer l’autre à t’aimer. (pas de manière légale en tout cas). Cependant tu peux décider de ne pas te sentir comme une grosse merde.  En gros, si tu ne t’occupes que de ce qui dépend de toi, tu seras beaucoup plus heureux. Car tu pourras faire tout ce que tu veux, comme tu le veux. Le reste, faut pas se faire de soucis, on n’y peut rien.

Moi, ça m’aide. Parfois. Ça libère un peu de place dans mon cerveau.

Descartes : fais de ton mieux…et sois la meilleure version de toi-même

Dans son Discours de la méthode, Descartes établit des principes de base de ce qu’il appelle une « morale provisoire » (Descartes, philosophe du doute, qui te dit qu’on n’est même pas sûre d’être réveillé ou bien endormi. Donc faut trouver une méthode pour être sûrs de certaines choses, du type… la science, l’existence de Dieu etc.) (ou changer de boulot. Si tu ne sais plus si tu dors ou si tu bosses, c’est qu’il y a un problème)

Sa philosophie est teintée de Stoïcisme, je ne vous le cache pas. Et dans sa troisième maxime (de morale provisoire = de principes à suivre pour être heureux en attendant d’en savoir plus) il explique qu’il faut toujours faire de son mieux, et qu’ensuite, peu importe le résultat, on sera satisfait. Car le reste ne dépend plus de nous.

« Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l’ordre du monde, et généralement de m’accoutumer à croire qu’il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu’après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible« 

On ne peut pas toujours arriver premier. Être le plus beau, le plus intelligent, le plus riche. Mais si on fait tout ce qui est en notre pouvoir et du mieux qu’on peut, alors on devra être parfaitement heureux. Ma fierté, ce ne doit pas être d’avoir eu une promotion ou d’avoir fait un podium. Ce qui me rend heureux, c’est de savoir que j’ai fait mon travail du mieux possible. C’est de savoir que j’ai tout donné sur cette course. Bien sûr certains ont couru plus vite. Mais je m’en fiche. Ma victoire c’est de m’être dépassée moi-même.

Rousseau : arrête d’avoir peur, car c’est ça qui fait peur.

Rousseau ❤ . Qu’est-ce que je l’aime celui-la. De manière complètement subjective, irrationnelle et absurde. Attention, Quotes are coming. Parce que rien n’est plus beau que la plume de Rousseau ❤

Il a été persécuté intellectuellement toute sa vie. Rejeté de la société et moqué par ses contemporains. À la fin de sa vie, il s’isole dans une petite maison à la campagne. Et écrit Les Rêveries du promeneur solitaire. Cinq courts textes, écrits sur des cartes à jouer au milieu de la forêt, tels des extraits de journal intime.

« Pouvais-je dans mon bon sens supposer qu’un jour, moi le même homme que j’étais, le même que je suis encore, je passerais (…)pour un monstre, un empoisonneur, un assassin, que je deviendrais l’horreur de la race humaine, le jouet de la canaille, que toute la salutation que me feraient les passants serait de cracher sur moi, qu’une génération tout entière s’amuserait d’un accord unanime à m’enterrer tout vivant ? « 

LA TRISTESSE QUOI. Quand on sait comment aujourd’hui on l’aime. Quand on sait que Les États Unis ont été construits sur sa philosophie (les bons côtés des US, pas Trump, le Coca-Cola et les gros missiles). Jean-Jacques, petit ange parti trop tôt.

(…)en ne me laissant rien ils se sont tout ôté à eux-mêmes. (…) Ils se sont tellement pressés de porter à son comble la mesure de ma misère que toute la puissance humaine, aidée de toutes les ruses de l’enfer, n’y saurait plus rien ajouter. La douleur physique elle-même au lieu d’augmenter mes peines y ferait diversion. En m’arrachant des cris, peut-être, elle m’épargnerait des gémissements, et les déchirements de mon corps suspendraient ceux de mon cœur. »

VOUS EN CONNAISSEZ BEAUCOUP VOUS DES PHILOSOPHES AVEC CETTE PLUME-LÀ ? Bref, dans la première rêverie, il explique que toute sa vie il a voulu être aimé des autres. Et que, de fait, il n’a eu qu’une peur, c’est être rejeté d’eux. Pas de bol, c’est pile poil ce qui lui est arrivé. (En même temps, il a pas suivi les conseils d’Epictète le coquin) Et aujourd’hui qu’il est effectivement rejeté, il réalise que sa peur du rejet lui a fait bien plus mal que le rejet lui même. Il explique qu’une fois que l’événement redouté arrive, il est nettement moins horrible que ce que son imagination avait supposé :

« Qu’ai-je encore à craindre d’eux puisque tout est fait ? Ne pouvant plus empirer mon état ils ne sauraient plus m’inspirer d’alarmes. L’inquiétude et l’effroi sont des maux dont ils m’ont pour jamais délivré : c’est toujours un soulagement. Les maux réels ont sur moi peu de prise ; je prends aisément mon parti sur ceux que j’éprouve, mais non pas sur ceux que je crains. Mon imagination effarouchée les combine, les retourne, les étend et les augmente. Leur attente me tourmente cent fois plus que leur présence, et la menace m’est plus terrible que le coup. Sitôt qu’ils arrivent, l’événement leur ôtant tout ce qu’ils avaient d’imaginaire les réduit à leur juste valeur. Je les trouve alors beaucoup moindres que je ne me les étais figurés, et même au milieu de ma souffrance je ne laisse pas de me sentir soulagé. »

Le stress avant un événement, la peur de l’échec, le doute sur ses capacités, souvent, sont bien plus douloureux que l’événement en lui-même, le fait d’échouer ou d’atteindre ses limites.

Alors arrêtons d’être malheureux par avance ok ?

 

 

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