Oyé oyé c’est la rentrée { partie 1 }

Et voilà, enfin un nouvel article ! Je dois avouer qu’à chaque fois que ma souris passait près de l’onglet du blog je culpabilisais un peu de ne plus rien écrire !
Alors que c’est un tel plaisir d’écrire  un blog (celui-ci m’avait beaucoup aidé jadis… ^^)

Bref, je vais tâcher d’être plus assidue dorénavant. En voilà une bonne résolution…. qui vient en temps et en heure : nous sommes en septembre. Et il m’a toujours semblé que septembre était le moment des résolutions. Il arrive 9mois après celles de janvier, qui souvent, à cet instant, ont disparu.
Pourquoi Septembre ? et bien tout simplement parce qu’en septembre c’est la rentrée scolaire ! Et je dois avouer que bien que j’aie horreur des rentrées scolaires, elles marquent encore un moment important dans l’année.

En plus, il faut dire que cette rentrée est presque atypique. Originale. Unique en son genre. Mais pour cela, il faut comprendre d’où je viens :
Je sors vivante de 2 années de Sorbonne. J’en n’aurais pas mis ma main à couper il y a 4 mois. (de toute façon il ne faut jamais mettre sa main à couper…) Je crois qu’il n’y a pas d’endroit sur Terre pire que la fac. Maintenant que j’ai mon diplôme en poche, j’ose parler. On m’avait prévenu que la prépa c’était le « bagne », mais en fait, la fac, c’est pire. C’est comme un Goulag sans murs, sans pioche, et sans caillou à casser. On est là, mais on n’est pas obligé de rester. Il y a des gens qui vous surveillent, mais ils ne vous voient pas vraiment. On doit travailler, mais on ne nous dit pas quoi ni comment, et si on travaille pas, c’est pas grave. Alors on se dit « bon bah… tirons nous …? » mais c’est là que ça se complique : quand tu es à la fac, il n’y a nul part où aller!
La fac, ça tue toute ambition en toi. Ça t’offre plein de temps libre, des quantités de temps qu’aucun autre étudiant n’oserait même envisager, du temps, tellement de temps, que tu ne le vois même plus passer… et par la même occasion ça te tue toutes tes envies, tous tes rêves, tous tes désirs. Pascal disait « le plus grand malheur de l’homme est de ne savoir rester dans une chambre sans rien faire ». Et bien la fac, ça t’apprend à vaincre cette déclaration. Maintenant, je sais rester dans une chambre sans rien faire.
Enfin… j’exagère : parce qu’il y a un moment où à la fac, les kapo commencent à s’agiter, à faire du bruit, à remarquer la masse de prisonniers inertes et hagards devant eux. Ca se passe un peu avant les vacances d’avril (ha oui, aussi, dans ce goulag, il y a beaucoup de vacances. C’est un Goulag très pieux : il faut fêter la Toussaint, Noël, et après noël il faut se reposer 3 semaines en plus…. puis février, puis avril… Ensuite il faut tenir jusqu’au 4 juin, pour ENFIN pouvoir être en vacances jusqu’au 4 octobre.)
Donc je disais, un peu avant avril, alors qu’on sort doucement de l’hiver (uhm), on reçoit un mail de Mme la secrétaire de l’UFR de philosophie, (tiens ? elle envoie des mails maintenant ? elle qui déteste tellement y répondre !) « Chers petits prisonniers à l’état larvaire de Master 2, je vous rappelle (y a t-il eut seulement un appel ?) que tous les travaux (je traduis : le mémoire, le truc le plus gros et puissant que tu écriras dans ta vie, le prototype d’une pensée, d’une idée profondément unique qui va définir ton identité philosophique… -> ça c’est avoir de l’ambition) doivent être remis au secrétariat le 15 mai au plus tard. En 2 exemplaires ». ( donc compter 20 euros de papiers et d’encre + 7euros x2 de reliure à débiter du budget alimentaire de mai) . Et là tu te dis WTF ?
Donc en effet, il y a bien, à la fac, un moment, une courte période de travail intense, de pétage de cable nerveux, d’autant plus difficile que ça fait 2 ans que t’as pas utilisé ton cerveau…. la reprise est pénible, je l’avoue.
Après l’accouchement de ton mémoire (sans péridurale), véritable petit bébé de 103 pages, que, même s’il t’a déchiré les neurones, tu aimes cajoler et caresser,  on te demande de la soutenir. C’est-à-dire, dans l’idée, faire face à deux pontes de la Sorbonne, pour argumenter sur cette thèse que toi, jeune philosophe en herbe, tu avances (tel le jeune Alcibiade face à son maître, Socrate). Dans les faits, tu affrontes deux tricentenaires de l’éducation nationale, qui n’ont lu que la bibliographie (pour s’assurer que leur nom apparaît sans fautes) et qui viennent juste te rappeler ce que eux pensent de ce sujet. (non non je ne suis pas du tout amer ni cynique face à cette épreuve…)
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Spartes : petite cité totalitaire d’avant notre ère, dans laquelle chaque bébé, à sa naissance, est examiné. Les enfants jugés trop faibles ou simplement laids, sont jetés du haut d’une falaise. Soutenir mon mémoire, ça a été comme être en haut de la falaise, et devoir dire « ha non mais oui mais si si je comprends, jetez le, c’est vrai qu’il n’est pas terrible vous avez raison héhé merci beaucoup au revoir bonnes vacances ».

En plus il faut dire que j’avais fait une faute de frappe dans la bibliographie. Shame on me.

Mais j’ai survécu, j’ai validé, et je peux enfin quitter tous ces Sorbonnagres que mes rêves les plus fous avaient imaginés comme allant être mes futurs Maîtres de Philosophie. Mes guides. Mes Précepteurs.

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