Mémoire, étape 2 et ses nébuleuses…

Il faut savoir que les rapports entre Mr R et moi se sont détériorés. Je pense qu’il a du mal avec ma pensée… Elle doit lui sembler être une forme de scandale intellectuel. Et malgré tous mes efforts à coups de « très cordialement » « merci de votre aide » et même un dangereux « bonne année », j’ai l’impression que l’admiration ne va que dans un sens.
Comme demandé, (car je suis une élève très obéissante) j’ai envoyé une première partie de mon travail de mémoire en ce début d’année 2012. Il n’y a pas de mots pour décrire la sensation de plénitude qui vous envahit lorsque vous appuyez sur « envoyer »…. hop votre mail-devoir glisse, s’envole, file à travers ce que j’imagine être un dédale de câbles et d’ondes, fuyant votre ordinateur aussi vite que … aussi vite qu’on puisse penser la vitesse, vous laissant quelques instants béats devant votre écran, comme si un morceau de votre âme s’était enfui. C’est merveilleux. Le soulagement, la fierté, le calme…. c’est comme franchir une petite ligne d’arrivée.
De même, il n’existe pas de mots pour décrire le gouffre qui s’ouvre lorsque par retour de câble votre destinataire vous renvoie toute sa déception, sa colère, le tout agrémenté d’un véritable sentiment d’inquiétude (trop aimable) quant à la suite… (suite de mon travail ? suite de mon année ? de ma vie ? probablement tout cela oui).
A travers quelques larmes, non pas de tristesse mais presque d’orgueil blessé, je me sens un peu comme le Pr Tournesol… « Alors je fais le zouave ? »
C’est très difficile de ne pas confondre le commentaire du devoir avec un commentaire à son égard. Car si-tôt qu’on y met un peu de soi, toute critique sur le fond ou la forme semble être une attaque personnelle.
Le professeur se mélange au maître : qui est cet homme qui me toise de l’autre côté de son grand bureau? parfois il me paraît immense (l’homme pas le bureau), et je me sens toute petite et toute inutile, complètement dominée par cet esprit qui semble vouloir éclairer le mien (et qui ne se prive pas de me faire remarquer que manifestement c’est une tâche très difficile !) dominée et écrasée par ces rangées de livres qui m’entourent dans ce petit bureau… je jette un coup d’oeil discrètement pour voir quels grands hommes assistent à ma lapidation…. uhm ce ne sont que des livres écrits pas le-dit professeur.
Et puis, parfois, cet homme me semble tout petit, vouté, vieillissant et horripilant. Toute cette intimidation, cette politesse, cette peur qui vient de la relation Professeur-étudiant, là où il faudrait aussi un peu de maître et d’élève ! j’aimerais bien lui dire « allez mon vieux, on va sous un arbre au Luxembourg, on se fait une petite grappe de raisin et on reparle un peu de tout ça ! »
Une chose est sûre, ce mémoire s’annonce laborieux. En même temps, l’inverse n’aurait pas été amusant. Je vais faire mon Zouave et l’emmener sur la Lune ce petit bonhomme grincheux 🙂
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