Mémoire, étape 1.

En bonne étudiante de philosophie qui approche de la fin de son cycle, je me vois dans l’obligation d’abandonner l’apathie caractéristique de tout étudiant de lettres, pour désormais devoir être productive. Cela consiste donc en la production d’un mémoire de fin d’étude. J’ai toujours fantasmé sur cette idée de « faire un mémoire »… mais le fantasme a la particularité d’être une fiction de l’esprit. En effet, aujourd’hui, je n’ai pas du tout envie de quitter ma léthargie, encore moins pour penser.
Mais bon, je suis un peu obligée de me faire violence, car je ne suis pas une rebelle autodidacte: j’ai très envie d’avoir un joli diplôme… j’ai également un égo surdimensionné… qui produit de nombreux fantasmes. (Notamment depuis quelques mois le fantasme de « blow my teacher’s mind ». Not eeeeeasy to realizzzzze.)
Bref, la première étape d’un mémoire, ses prémisses ou préludes ( c’est plus poétique) sont la recherche d’un sujet. Certains cultivent une passion voir une ardente vocation philosophique depuis leurs 14ans. J’aimerais vous faire croire que moi aussi. Mais non. Je vous passe donc les péripéties de cette première étape qui s’est concrétisée, début septembre, dans le bureau de Mister R, mon directeur de recherches. (A son propos, sachez que mon égo surdimensionné m’a fait choisir le prof de mes autres profs qui forment mes chargés de TD. C’est un peu le Gandalf de la philo) Un horrible souvenir de balbutiements inintelligibles, d’envie de s’automutiler, d’arrêter mes études, de ramper sous terre, qui ont finalement abouti sous sa plume à un sujet ! J’étais bien contente ! (si si…)
Mais la vraie première étape consiste en réalité à produire trois pages sur notre sujet, afin de le cadrer, le recadrer, d’établir les problématiques et l’axe de recherche. Youpi.
J’ai donc bafouillé quelques pensées que j’ai envoyé à mon nouveau mentor. (je cultive facilement une vénération pour mes professeurs. Chacun d’eux a des résonances d’Abelard. (mais qui est-ce ?) même si j’imagine qu’Abélard était plus sexy). Rédaction à 19h hier, envoie à tous les membres de ma famille disponible pour une lecture. Ils m’interrogent, me posent des questions : je suis incapable de répondre. Déprime. Je geins auprès de ma colloc-grande-soeur. Je n’ai plus d’avenir, plus d’envie, je suis bête et j’ai de la cellulite. Questionnement existentiel. Solution : je change mon sujet de mémoire. Re rédaction. Envoie du mail à 23h30. Je me sens comme libérée. Mon coeur glacé de stress se réchauffe. J’ai comme une envie de bouger mon boule en rythme :

 

Réponse 9h plus tard de Mr R. Il ne fait pas de commentaire sur ma stupidité ni sur ma cellulite. (je crains toujours un peu les attaques personnelles). C’est bien, le nouveau sujet est judicieux. Mais il faut produire une seconde version. ohhhh maaaaaaaaaan !  je me suis sentie comme Ted

bref. me voilà assise à mon bureau, le plaid sur les genoux, car il fait juste ATROCEMENT FROID. J’aimerais manger des granola en buvant un bon thé bien chaud, mais je pense à ma cellulite…. alors que je devrais penser à la Bioéthique. Oui, voici mon sujet. « La décision morale en bioéthique, entre liberté individuelle et pouvoir de l’Etat »….. pretty cool right ?

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